© 2017 Biennale Internationale Saint-Paul de Vence

Agnès Thurnauer

née en 1962. Vit à Paris et travaille à Ivry. 

Bien qu’elle soit diplômée de l’École nationale des arts décoratifs en section cinéma/vidéo, Agnès Thurnauer a poursuivi sa pratique de la peinture qu’elle a commencée enfant. 

Dans ses tableaux, elle lie le mot et l’image, entre plasticité typographique et concept.

 

Son travail fut révélé au public par une exposition monographique au Palais de Tokyo en 2003. Depuis elle a exposé dans de nombreuses institutions en France et à l’étranger, dans des musées, centres d’art et biennales. 

Agnès Thurnauer s’intéresse au langage pictural. Représenter revient à parler une langue. En ce sens, créer un univers artistique signifie mettre en œuvre un certain vocabulaire. Ecriture, lettres ou simplement signes — comme dans ses premiers tableaux — sont au centre de son univers plastique. Le mot met souvent en résonance la forme. 

Le nom, comme dans la célèbre série de grands badges colorés, devient un champ plastique soulevant la question du genre.
Pour elle, la peinture peut aussi répondre de sujets de société comme dans la série Land and Language, qui traite du corps et de la migration. Plus récemment, elle a développé cette question du langage — ce que la peinture nous donne à lire et comment nous lisons les œuvres — en trois dimensions. 

Avec sa sculpture Matrice, Agnès Thurnauer met en œuvre cette « parcourabilité » de la peinture dans l’espace. Le langage n’est pas une chose abstraite et seulement mentale, c’est un rapport au corps. Nous expérimentons le langage en déambulant dedans. Matrice de ce fait, « milite » pour une lecture poétique du langage, pour sa version offerte, ouverte, communautaire, à l’opposé d’une définition qui cloisonne, enferme et catégorise. 

Matrice est autant une sculpture qu’un socle car elle est activée par la présence des visiteurs. Chaque « lettre » est formée d’éléments qui deviennent des sièges sur lesquels on peut s’assoir. Elle fonctionne aussi bien plastiquement, par la forme des volumes qui la constituent, que symboliquement, par ce langage
qu’elle met en œuvre, et qu’elle nous donne à investir comme potentialité. 

Matrice existe à l’échelle sol, en résine, de 5 à 10 cm, et fait partie de la collection du musée des Beaux-arts de Nantes, et à l’échelle assise, en aluminium brossé, de 45 à 60 cm,
et a été exposée récemment à la Biennale de sculpture de Cambridge avec des œuvres de Mona Hatoum, Louise Bourgeois et Philida Barlow. 

Matrice (joie), 2018

Aluminium brossé

13 éléments

Hauteur 45 cm Dimensions variables

Courtesy de l’artiste et Gandy Gallery

Œuvre installée grâce au soutien de Lorraine et Olivier Cojot