© 2017 Biennale Internationale Saint-Paul de Vence

Jean-Pierre Raynaud

né à Courbevoie en 1939. Vit et travaille à Paris. 

 

Ses études d’horticulture terminées, Jean Pierre Raynaud commence par réaliser des assemblages proches du Nouveau Réalisme. Dès 1963, avec ses « psycho-objets » de couleur blanche et rouge, qui associent quelques éléments simples (jauges, échelles et pelles de secours, panneaux de signalisation ou pots à fleurs), il tente de mettre en évidence les rapports du monde mental et du monde réel. Le poète et critique Alain Jouffroy qualifia en 1965 le travail alors émergent de Jean Pierre Raynaud d’« objecteur ».
 Cette notion d’objection, qui contient toutautant le refus que le doute, consistait pour Jouffroy à appliquer à l’art son idée selon laquelle l’individualisme est révolutionnaire, une critique des doctrines et des idéologies que Raynaud a constamment mises en avant dans son œuvre, en restant à l’écart des célébrations du pop art
et des dénonciations de la figuration narrative pour travailler sur la violence abstraite des signes. 

 

Glaciale et distante, l’œuvre de Jean Pierre Raynaud se présente comme une vision du monde, cruelle certes, mais située au-delà
de l’angoisse et de la violence : l’homme en
est absent, et « rien ici », comme l’a écrit Alain Jouffroy, « n’est exprimé, mais tout est montré...». 

Il y aussi l’invasion de l’espace par du carrelage blanc en céramique (ou des panneaux l’imitant), processus qu’il a radicalisé avec sa maison de La Celle-Saint-Cloud, achevée en 1974, et uniquement constituée de carreaux de faïence blancs. 

Il a vécu 24 ans dans cet univers clinique, avant de le détruire et d’en exposer les débris dans des containers chirurgicaux au CAPC. 

Pour la biennale, il expose Autoportraits (1980- 1986), deux parallélépipèdes rectangles surmontés de deux carrés, tout en faïence. 

 

« L’autoportrait signifie pour moi : ne pas m’éloigner de moi », écrit Jean Pierre Raynaud en 1991. 

Une œuvre autoportrait : Une maison comme double psychique de son corps. La statue sous la forme de ses Autoportraits s’inscrit dans le volume d’une stèle quadrangulaire, à peine suggestive d’une structure anthropomorphe. 

Raynaud construit de nouveau une architecture solide, nette, hygiénique, d’une nudité totale à l’extérieur, polie comme un briquet. On aura compris que l’œuvre de Raynaud est absolument autobiographique et beaucoup plus proche du procédé du romancier et du poète que du sculpteur. C’est la reconstruction d’un univers mental au moyen des objets signes.

Autoportraits, 1980-1986

Carrelage blanc en céramique avec joint noir

181 x 60 x 60 cm

181 x 66 x 66 cm

Courtesy de l’artiste et de Caroline Smulders, Paris

Œuvre installée grâce au soutien de Caroline Smulders, Paris